Un réseau de courants complexes traversait l’Angleterre jacobéenne. C’était l’Angleterre de Shakespeare, Jonson et Bacon ; de la conspiration des Poudres ; de la pire épidémie de peste que le pays ait jamais connue ; des paysages arcadiens ; des bidonvilles meurtriers et toxiques ; et surtout, d’une ferveur religieuse parfois écrasante. L’Angleterre jacobéenne était à la fois plus pieuse et moins pieuse qu’elle ne l’avait jamais été, et toute la culture était tendue entre ces pôles. C’est dans ce...
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Un réseau de courants complexes traversait l’Angleterre jacobéenne. C’était l’Angleterre de Shakespeare, Jonson et Bacon ; de la conspiration des Poudres ; de la pire épidémie de peste que le pays ait jamais connue ; des paysages arcadiens ; des bidonvilles meurtriers et toxiques ; et surtout, d’une ferveur religieuse parfois écrasante. L’Angleterre jacobéenne était à la fois plus pieuse et moins pieuse qu’elle ne l’avait jamais été, et toute la culture était tendue entre ces pôles. C’est dans ce monde que fut créée la Bible du roi Jacques. C’est le plus grand ouvrage de prose anglaise jamais écrit, et ce n’est pas un hasard si cette traduction fut réalisée au moment où l’identité anglaise et la langue anglaise atteignaient leur première maturité passionnée. Exubérant, élégant, subtil, majestueux, finement nuancé, sonore et musical, l’anglais de l’Angleterre jacobéenne avait une idée plus vaste de sa propre portée et de son étendue qu’à toute autre époque, avant ou après. C’est une forme de la langue qui déborde de puissance et de sensibilité. L’époque, avec tous ses conflits, explique le livre. Le commanditaire et le guide de l’ensemble du projet biblique était le roi lui-même, le brillant, laid et profondément pacifique Jacques VI d’Écosse et Ier d’Angleterre. Formé presque depuis sa naissance à gérer les rivalités des factions politiques dans son pays, Jacques voyait en l’Angleterre la possibilité d’une sorte d’Éden irénique, que la nouvelle traduction de la Bible devait présider. Elle devait être une Bible pour tous et, en tant que lieutenant de Dieu sur terre, il s’en servirait pour unifier son royaume. Le rêve de paix jacobéenne, garanti par la fusion du pouvoir royal et de la gloire divine, sous-tend une Bible d’une grâce extraordinaire et d’une puissance littéraire éternelle. Une cinquantaine d’érudits de Cambridge, Oxford et Londres accomplirent le travail, en s’appuyant sur de nombreuses versions antérieures, et créèrent un texte qui, malgré toutes ses faiblesses, n’a jamais été égalé. Voilà la question centrale de ce livre : comment ce groupe de théologiens presque anonymes, brouillons, ivrognes, égoïstes, ambitieux, impitoyables, obséquieux, pédants et imparfaits qu’ils étaient, a-t-il réussi à produire cette traduction stupéfiante ? Comment des hommes aussi ordinaires ont-ils pu écrire une prose aussi extraordinaire ? Dans Les Secrétaires de Dieu, Adam Nicolson raconte de manière fascinante et dramatique l’accession au trône et les ambitions du premier roi Stuart ; les érudits qui travaillèrent pendant sept ans à la création de sa Bible ; les influences qui façonnèrent leur travail et les croyances qui imprégnèrent leur monde, nous plongeant dans une époque dont le plus grand monument n’est ni une peinture ni un édifice, mais un livre. — jaquette. Un pauvre homme vient d’arriver en Terre promise -- Les multitudes de gens couvraient la beauté des champs -- Il siégeait parmi de graves, savants et révérends hommes -- Avancer doucement et sûrement mène loin -- Je suis partisan de la modération en toute chose -- Le danger auquel on ne s’attend jamais, voilà le danger -- Ô, laisse-moi t’étreindre, laisse-moi te garder près de mon cœur -- Nous avons deux ou trois fois plus d’espace pour notre pèlerinage terrestre... -- Quand nous nous livrons au luxe et à l’excès dans la splendeur de ce monde -- La vraie religion n’est en rien un simple gargouillis -- La grâce de sa forme -- Dieu a-t-il oublié d’être miséricordieux ? A-t-il, dans sa colère, clos ses tendres compassions ? -- La Bible du XVIe siècle -- Les six groupes de traducteurs. Adam Nicolson. Première publication : Power and Glory. Grande-Bretagne : HarperCollins, 2003. Comprend des références bibliographiques (p. 265-271) et un index.
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