On envisage souvent l’addiction sous l’angle de ses causes, qu’il s’agisse de la chimie cérébrale, des schémas d’attachement ou des schémas cognitifs. Mais cela ne permet pas de comprendre ce qu’« est » l’addiction. Cela n’éclaire pas la manière dont elle est vécue. Une phénoménologie de l’addiction révèle qu’elle se caractérise par une intolérance à la souffrance, une quête du plaisir, l’immédiateté, des solutions technocratiques, l’aliénation, l’ambiguïté et une profonde imprégnation du mensonge. Telles sont ses manifestations cliniques individuelles, mais...
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On envisage souvent l’addiction sous l’angle de ses causes, qu’il s’agisse de la chimie cérébrale, des schémas d’attachement ou des schémas cognitifs. Mais cela ne permet pas de comprendre ce qu’« est » l’addiction. Cela n’éclaire pas la manière dont elle est vécue. Une phénoménologie de l’addiction révèle qu’elle se caractérise par une intolérance à la souffrance, une quête du plaisir, l’immédiateté, des solutions technocratiques, l’aliénation, l’ambiguïté et une profonde imprégnation du mensonge. Telles sont ses manifestations cliniques individuelles, mais c’est aussi ainsi que l’on vit au XXIe siècle. L’addict est donc le sujet ultime du XXIe siècle : il consomme sans fin, ne tolère pas les émotions et ne parvient pas à saisir ses propres limites. Plutôt que d’être accueillis, ces sujets agissent comme un symptôme refoulé, hantant le capitalisme tardif et révélant la nature vampirique de notre culture. Ils doivent donc être considérés non seulement comme des individus qui sont « allés trop loin », mais aussi comme les victimes de l’agenda politique qui façonne nos vies. Le cœur de cet ouvrage est ainsi une description de l’addiction approfondie par la théorie existentielle-phénoménologique. Cette description sert ensuite à comprendre l’émergence historique de l’addiction, ses manifestations sociopolitiques, ainsi que la question cruciale de la prise en charge clinique du sujet addict.
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