Lauréat du prix Ulysse du meilleur premier roman en France, ainsi que, en Croatie et dans les Balkans, du Pero de Kočić, du prix Josip et Ivan Kozarac et du Kiklop récompensant la meilleure œuvre de fiction. Lorsque la guerre d’indépendance de la Croatie éclate dans sa ville natale de Vukovar, à l’été 1991, elle a neuf ans et se blottit dans les bras de sa famille, auprès de son père, de sa mère et de son frère aîné. On...
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Lauréat du prix Ulysse du meilleur premier roman en France, ainsi que, en Croatie et dans les Balkans, du Pero de Kočić, du prix Josip et Ivan Kozarac et du Kiklop récompensant la meilleure œuvre de fiction. Lorsque la guerre d’indépendance de la Croatie éclate dans sa ville natale de Vukovar, à l’été 1991, elle a neuf ans et se blottit dans les bras de sa famille, auprès de son père, de sa mère et de son frère aîné. On l’envoie passer des vacances au bord de la mer, loin des hostilités. Pendant ce temps, son père a disparu alors qu’il combattait au sein des forces croates. À son retour, à la fin de l’été, tout a changé. Sur fond de génocide (le massacre de l’hôpital de Vukovar) et d’anéantissement de la société de classe moyenne au sein de la fédération yougoslave, notre jeune narratrice, désormais réfugiée avec sa mère et son frère parmi une multitude d’autres réfugiés, passe les six années suivantes à se découvrir et à se transformer, dans un environnement inconnu, en tant que personne déplacée. De neuf ans à quinze ans, elle devient une adolescente pétillante et merveilleusement complexe, mais reste une étrangère dans son propre pays. Salué comme la plus belle œuvre de fiction consacrée aux guerres de Yougoslavie, Hotel Tito d’Ivana Simić Bodrožić est au fond l’histoire du passage à l’âge adulte d’une jeune fille, et nous rappelle que, même en temps de guerre — surtout en de telles circonstances —, l’avenir repose sur les victimes innocentes et les survivants pacifiques. Hotel Tito est un roman autobiographique primé sur la guerre serbo-croate. L’auteure, Ivana Bodrožić, est née dans la ville croate de Vukovar, juste de l’autre côté du Danube par rapport à la Serbie. À l’automne 1991, Vukovar a été assiégée pendant quatre-vingt-sept jours par l’Armée populaire yougoslave. À la levée du siège, les habitants sont sortis des caves où ils s’étaient abrités des bombardements ; les femmes et les enfants ont été autorisés à quitter la ville assiégée, mais l’armée a transporté en bus 400 hommes de l’hôpital jusqu’à une ferme en périphérie, où des soldats et des paramilitaires serbes les ont massacrés. Le père de Bodrožić était parmi les hommes emmenés et assassinés. Dans Hotel Tito, après avoir fui la zone de guerre qu’est devenue leur ville, la mère et ses deux enfants sont logés avec d’autres personnes déplacées dans une ancienne école communiste du village de Kumrovec (lieu de naissance de Josip Tito). Pendant des années, ils partagent une seule chambre, juste assez grande pour accueillir leurs trois lits, dans l’attente de savoir si le père de la narratrice a survécu et quand ils obtiendront leur propre appartement. Entre-temps, la vie continue pour l’adolescente : les premiers amours s’épanouissent et s’éteignent vite, de nouvelles amitiés se nouent puis se perdent, de nouvelles vérités émergent, et de nouvelles émotions aussi. Mais elle ne perd jamais sa voix timide et perspicace, ni son sens de l’humour autodérisoire. Hotel Tito est un roman sensible et franc sur le passage à l’âge adulte, en temps d’atrocités et de deuil — Ivana Bodrozic ; traduit par Ellen Elias-Bursac. Traduit du croate. Comprend des références bibliographiques.
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