Les chercheurs occidentaux ont eu tendance à lire la littérature de Heian à travers le prisme de l’expérience féminine, en soulignant le déséquilibre des pouvoirs dans les relations amoureuses et en cherchant des indices montrant que les femmes espéraient dépasser les contraintes de la politique matrimoniale. L’ouvrage novateur et stimulant de Paul Schalow reprend ces préoccupations liées à la transcendance de l’amour et les mène vers un nouveau champ d’investigation : la souffrance des nobles et les témoignages littéraires de...
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Les chercheurs occidentaux ont eu tendance à lire la littérature de Heian à travers le prisme de l’expérience féminine, en soulignant le déséquilibre des pouvoirs dans les relations amoureuses et en cherchant des indices montrant que les femmes espéraient dépasser les contraintes de la politique matrimoniale. L’ouvrage novateur et stimulant de Paul Schalow reprend ces préoccupations liées à la transcendance de l’amour et les mène vers un nouveau champ d’investigation : la souffrance des nobles et les témoignages littéraires de leurs espoirs de transcendance par l’amitié. Il retrace ce thème récurrent, qu’il appelle « l’amitié masculine à la cour », dans cinq œuvres littéraires majeures, du Dit d’Ise, datant du Xe siècle, au Dit du Genji, du début du XIe siècle.
Qu’elles soient dues à des hommes ou à des femmes, les représentations de l’amitié masculine étudiées dans cet ouvrage expriment les perspectives différentes d’auteurs profondément marqués par leur rôle de genre au sein de l’aristocratie de cour. L’analyse de Schalow précise en particulier la manière dont la littérature de Heian exprime le désir du noble d’être pleinement connu et apprécié par un autre homme.
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