Lauréat du prix de la fiction néo-zélandaise en 1987, ce roman d’une puissance envoûtante tisse les mythes d’antan dans les réalités politiques d’aujourd’hui. Situé dans un climat de peur et de confusion, le roman de Patricia Grace, qui dépeint une communauté côtière confrontée à un danger mortel, est un chef-d’œuvre de la littérature maorie : « aussi délicat qu’un trait de pinceau japonais, mais aussi poignant et déchirant que la perte d’un être cher. » Publishers Weekly Alternant entre la...
Read the full description
Lauréat du prix de la fiction néo-zélandaise en 1987, ce roman d’une puissance envoûtante tisse les mythes d’antan dans les réalités politiques d’aujourd’hui. Situé dans un climat de peur et de confusion, le roman de Patricia Grace, qui dépeint une communauté côtière confrontée à un danger mortel, est un chef-d’œuvre de la littérature maorie : « aussi délicat qu’un trait de pinceau japonais, mais aussi poignant et déchirant que la perte d’un être cher. »
Publishers Weekly
Alternant entre la première et la troisième personne, ce récit aux contours libres, qui suit des promoteurs tentant d’édifier une station balnéaire sur des terres maories, s’articule autour de la famille de Roimata Kararaina et de son mari, Hemi Tamihana. Bien que l’aménagement foncier constitue le thème central, Grace, autrice néo-zélandaise de plusieurs romans et recueils de nouvelles, excelle surtout à dépeindre la vie de ses personnages, de leurs tâches quotidiennes (pêche à l’anguille et cuisine) aux histoires qu’ils racontent, qu’il s’agisse de récits réels marqués par le malheur ou de mythes ancestraux. Si le style est souvent d’une élégante simplicité (les passages à la première personne sont en particulier d’une séduction directe : « J’aime Hemi depuis mes cinq ans », annonce Roimata en guise d’introduction) et que les informations sur la vie maorie sont captivantes, l’intrigue se perd souvent dans les méandres du récit. Les différents segments se distinguent par les descriptions remarquables de Grace, mais l’usage abondant de termes maoris tels que papakainga et tangi, sans explication (un glossaire aurait pu aider), contribue à la confusion. Lorsque le conflit avec « Dollarman » (leur surnom pour un certain M. Dolman, qui vient tenter de les convaincre d’accepter un projet comprenant non seulement une boîte de nuit et un parcours de golf, mais aussi des « baleines et des phoques dressés, etc. ») s’intensifie, l’action progresse, mais ces passages aux contours tranchants peuvent désorienter, surtout lorsqu’ils s’allient à toute cette narration fantastique. Ce mélange instable ne finit jamais tout à fait par s’harmoniser, et la saga d’un peuple autochtone souffrant sous les coups d’un oppresseur impérialiste n’est pas particulièrement originale. (Juin)
Catégories :