Magnifico est un portrait haut en couleur de Laurent de Médicis, le souverain sans couronne de Florence à son âge d’or. Véritable homme de la Renaissance, Laurent éblouissait ses contemporains par ses talents prodigieux et sa personnalité magnétique. Connu dans l’histoire sous le nom d’Il Magnifico (le Magnifique), Laurent fut non seulement le plus grand mécène de son temps, mais aussi un poète renommé, aussi habile à composer des vers philosophiques que des rimes obscènes destinées à être chantées pendant...
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Magnifico est un portrait haut en couleur de Laurent de Médicis, le souverain sans couronne de Florence à son âge d’or. Véritable homme de la Renaissance, Laurent éblouissait ses contemporains par ses talents prodigieux et sa personnalité magnétique. Connu dans l’histoire sous le nom d’Il Magnifico (le Magnifique), Laurent fut non seulement le plus grand mécène de son temps, mais aussi un poète renommé, aussi habile à composer des vers philosophiques que des rimes obscènes destinées à être chantées pendant le carnaval. Il se lia d’amitié avec les plus grands artistes et écrivains de l’époque — Léonard, Botticelli, Politien et, surtout, Michel-Ange, qu’il découvrit alors qu’il était encore enfant et qu’il invita à vivre chez lui, faisant de Florence la capitale culturelle de l’Europe. Il fut le principal homme d’État de son époque, le pivot de l’Italie, mais aussi un acteur politique rusé et impitoyable. La biographie que Miles Unger consacre à cette figure complexe s’appuie sur des recherches de première main dans des sources italiennes et sur sa connaissance intime de Florence, où il a vécu plusieurs années.
Le grand-père de Laurent, Cosme, avait converti l’immense fortune de la banque familiale en pouvoir politique, mais dès ses premiers jours, la position de Laurent était précaire. Les rivalités acharnées entre les grandes familles florentines et la compétition entre les États italiens querelleurs signifiaient que sa vie était constamment menacée. Parmi ceux qui complotèrent sa mort figuraient un pape, un roi et un duc, mais Laurent mit à profit son charme légendaire et son habileté diplomatique, ainsi que des actes de violence occasionnels, pour se frayer un chemin dans le labyrinthe meurtrier de la politique italienne. Contre toute attente, il parvint non seulement à survivre, mais aussi à présider à l’un des grands moments de l’histoire de la civilisation.
À l’époque de Laurent, Florence était une ville de contrastes : une brillance artistique sans égale et une misère inimaginable dans les immeubles surpeuplés de la ville ; les excès païens côtoyaient les sermons apocalyptiques du prédicateur dominicain Savonarole. Florence vit naître à la fois la perfection éthérée de la Primavera de Botticelli et le réalisme âpre du Prince de Machiavel. Nulle part ailleurs ce monde de contrastes ne s’incarnait plus parfaitement que dans la vie et le caractère de l’homme qui régnait sur cette ville fascinante.
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Bien qu’il s’agisse d’un sujet biographique déjà largement exploré, la dynastie des Médicis continue de fasciner, et le critique Unger (Les Aquarelles de Winslow Homer) propose un ouvrage intelligent, très accessible et abondamment documenté, qui exploite particulièrement bien les lettres de la famille Médicis et des sources biographiques antérieures, comme les écrits de Machiavel. Héritier d’un vaste empire bancaire international et d’un cartel commercial doté de succursales à Venise, Londres et Genève, Laurent de Médicis (1449-1492) était né pour régner. Naturellement sociable et charismatique, proche du peuple, d’un tempérament célèbre et d’une vision cynique du monde, le jeune Laurent excellait dans les lettres classiques, l’équitation, le maniement des armes, le tir à l’arc et la musique. Il eut des liaisons avec des femmes comme avec des hommes, représenta son père maladif, Pierre, lors d’une importante mission diplomatique et déjoua les plans des ennemis de celui-ci au cours d’une embuscade légendaire. Ses réalisations ne s’arrêtent pas là : en tant que dirigeant de fait de Florence, Laurent collabora activement avec l’artiste Botticelli, fut un tacticien et un diplomate hors pair, et survécut à une tentative d’assassinat approuvée par le pape, qui coûta la vie à son frère bien-aimé. La Florence de la Renaissance — où les aristocrates fortunés côtoyaient les pauvres dans les rues étroites et dont l’art et la vie intellectuelle éblouissaient l’Europe — constitue elle-même un personnage fascinant, et témoigne de la maîtrise des faits d’Unger. Illustrations. (Mai)
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