Le concept d’individualisme a connu une mutation fondamentale, selon la célèbre théoricienne politique Nadia Urbinati. Au XIXe siècle, l’individualisme était une perspective philosophique et éthique qui permettait à chacun de respecter les autres et de coopérer avec eux en les considérant comme égaux en droits et en dignité, afin d’améliorer le sort de la communauté dans son ensemble. Aujourd’hui, l’individualiste est une entité plus égocentrée, dont la maxime pourrait se résumer par « Je m’en fous ». Cette forme contemporaine...
Read the full description
Le concept d’individualisme a connu une mutation fondamentale, selon la célèbre théoricienne politique Nadia Urbinati. Au XIXe siècle, l’individualisme était une perspective philosophique et éthique qui permettait à chacun de respecter les autres et de coopérer avec eux en les considérant comme égaux en droits et en dignité, afin d’améliorer le sort de la communauté dans son ensemble. Aujourd’hui, l’individualiste est une entité plus égocentrée, dont la maxime pourrait se résumer par « Je m’en fous ». Cette forme contemporaine d’individualisme est possessive et conformiste, procédurière et docile, et se prête bien trop facilement à la manipulation des normes et à la soumission à l’emprise tyrannique des intérêts privés. Pour Urbinati, elle représente ainsi le risque le plus radical auquel la démocratie moderne est actuellement confrontée.
Cette polémique bien argumentée et riche de réflexion tente de déceler la « tyrannie des modernes » dans le but ultime de restaurer le rôle du citoyen individuel en tant qu’agent libre et égal de la société démocratique. Elle explore le concept de communautarisme comme une forme d’individualisme appliquée au groupe lui-même et soutient que le sauvetage de l’individualisme véritable face à l’idéologie actuelle est une condition fondamentale de la défense de la citoyenneté démocratique.
Catégories :
- Politique et sciences sociales