L’Église chrétienne des premiers temps était en proie à des croyances antagonistes. Certains groupes de chrétiens affirmaient qu’il n’y avait pas un seul Dieu, mais deux, douze ou trente. Certains croyaient que le monde n’avait pas été créé par Dieu, mais par une divinité inférieure et ignorante. Certaines sectes soutenaient que Jésus était humain, mais non divin, tandis que d’autres affirmaient qu’il était divin, mais non humain. Dans Les christianismes perdus, Bart D. Ehrman propose un fascinant aperçu de ces...
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L’Église chrétienne des premiers temps était en proie à des croyances antagonistes. Certains groupes de chrétiens affirmaient qu’il n’y avait pas un seul Dieu, mais deux, douze ou trente. Certains croyaient que le monde n’avait pas été créé par Dieu, mais par une divinité inférieure et ignorante. Certaines sectes soutenaient que Jésus était humain, mais non divin, tandis que d’autres affirmaient qu’il était divin, mais non humain.
Dans Les christianismes perdus, Bart D. Ehrman propose un fascinant aperçu de ces premières formes du christianisme et montre comment elles ont été réprimées, réformées ou oubliées. Tous ces groupes affirmaient respecter les enseignements de Jésus et de ses apôtres, et tous possédaient des écrits à l’appui de leurs prétentions, des livres réputés avoir été rédigés par les disciples mêmes de Jésus. Les recherches archéologiques modernes ont permis de retrouver plusieurs textes essentiels et, comme le montre Ehrman, ces découvertes spectaculaires révèlent une diversité religieuse qui en dit long sur la manière dont l’histoire est écrite par les vainqueurs. La réflexion d’Ehrman va de l’examen de diverses « Écritures perdues » — notamment des évangiles apocryphes prétendument écrits par Simon Pierre, le plus proche disciple de Jésus, et Judas Thomas, le supposé frère jumeau de Jésus — aux croyances divergentes de groupes tels que les ébionites judéo-chrétiens, les marcionites anti-juifs et diverses sectes « gnostiques ». Ehrman étudie en profondeur les luttes qui firent rage entre les « chrétiens proto-orthodoxes » — ceux qui finirent par rassembler les livres canoniques du Nouveau Testament et par uniformiser la doctrine chrétienne — et les groupes qu’ils dénoncèrent comme hérétiques et finirent par vaincre.
Fruit de recherches rigoureuses et écrit avec clarté, Les christianismes perdus est un récit édifiant sur la politique, le pouvoir et les conflits d’idées entre chrétiens, dans les décennies qui précédèrent la victoire des conceptions d’un groupe.
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