« [Le Livre de] l’Apocalypse a servi d’« arsenal linguistique » dans un très grand nombre de conflits sociaux, culturels et politiques de l’histoire occidentale. À maintes reprises, l’Apocalypse a poussé des hommes et des femmes dangereux à mettre en scène leurs propres apocalypses personnelles. Par-dessus tout, le calcul moral de l’Apocalypse — la diabolisation de ses ennemis, la sanctification de la vengeance et l’idée que l’histoire doit s’achever dans la catastrophe — se retrouve dans certaines des pires atrocités...
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« [Le Livre de] l’Apocalypse a servi d’« arsenal linguistique » dans un très grand nombre de conflits sociaux, culturels et politiques de l’histoire occidentale. À maintes reprises, l’Apocalypse a poussé des hommes et des femmes dangereux à mettre en scène leurs propres apocalypses personnelles. Par-dessus tout, le calcul moral de l’Apocalypse — la diabolisation de ses ennemis, la sanctification de la vengeance et l’idée que l’histoire doit s’achever dans la catastrophe — se retrouve dans certaines des pires atrocités et dérives de toutes les époques, y compris la nôtre. Pour toutes ces raisons, nous autres ne pouvons ignorer le livre de l’Apocalypse qu’à nos dépens et, plus encore, à nos risques et périls. » L’auteur mystérieux du Livre de l’Apocalypse (ou de la Révélation, comme on appelle également le dernier livre du Nouveau Testament) n’a jamais imaginé que son sermon sur la fin des temps imminente lui survivrait. En fait, il prédisait que ses contemporains seraient témoins de la destruction de la Terre. Pourtant, non seulement l’Apocalypse a survécu à son créateur, mais cette vision de vengeance, saisissante et violente, a joué un rôle important dans le cours de la civilisation occidentale.
Depuis que l’Apocalypse a été prêchée pour la première fois comme la parole révélée de Jésus-Christ, elle hante et inspire aussi bien ses auditeurs que ses lecteurs. La marque de la Bête, l’Antéchrist, le 666, la Prostituée de Babylone, Armageddon et les Quatre Cavaliers de l’Apocalypse ne sont que quelques-unes des images, expressions et codes qui ont profondément imprégné notre culture. Les questions soulevées touchent au cœur de la peur humaine de la mort et de l’obsession de l’au-delà. Partirons-nous, individuellement ou collectivement, vers la gloire, ou sombrerons-nous dans les flammes de l’enfer pour l’éternité ? Comme l’ont appris ceux qui savent le mieux manipuler cette sombre vision, le camp auquel on appartient est souvent une question de vie ou de mort. Transformée en arme dans les guerres culturelles que se livrent les États, les religions et les citoyens, l’Apocalypse a profondément infléchi le cours de l’histoire.
Kirsch, que le Washington Post décrit comme « un excellent conteur, doué pour rendre les récits anciens pertinents et attrayants pour le public moderne », propose une histoire très complète, captivante et stupéfiante de ce livre scandaleux, qui a failli être exclu du Nouveau Testament. De la chute de l’Empire romain à la peste noire, de l’Inquisition à la Réforme protestante, du Nouveau Monde à l’essor de la droite religieuse, cette chronique des usages et des abus du Livre de l’Apocalypse retrace le déroulement de l’histoire ainsi que les espoirs, les peurs, les rêves et les cauchemars de toute l’humanité.
The Washington Post - Jay Tolson … L’Apocalypse a néanmoins été canonisée et intégrée au Nouveau Testament, et Kirsch rend compte en détail des troubles intellectuels et spirituels qu’elle a suscités — mais aussi de certains bienfaits. Les catholiques du Moyen Âge se sont servis du livre pour justifier les croisades, soutenir des mouvements de réforme et légitimer la persécution des Juifs, tandis que les réformateurs protestants ultérieurs (dont Luther lui-même, qui contestait l’Apocalypse) ont puisé dans ses images pour s’attaquer au catholicisme et à la papauté. « Je ne sais pas si le pape lui-même est l’Antéchrist ou son apôtre », écrivait Luther, apparemment sans rougir.
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